Ça y est!!! Le Premier tour des Primaires de la Droite est du...

Ça y est!!! Le Premier tour des Primaires de la Droite est du Centre, en vue des prochaines échéances présidentielles de Mai 2017, est achevé. Et on peut dire, sans risque de se tromper, que celui-ci a bouleversé en profondeur l'échiquier politique des partis qui lui sont affiliés.

En effet, l'une des grandes surprise de ses résultats est que Nicolas Sarkozy a immédiatement été éliminé de la course à l’Élysée. Avec 20,6 % de votants en sa faveur, il se situe loin derrière Alain Juppé, et surtout François Fillion ; qui, respectivement, ont reçu 28,6 % et 44,1 % des suffrages selon les derniers comptages définitifs.

Que doit-on en conclure, au premier abord? Une des évidences qui saute immédiatement aux yeux, et qui a été une des erreurs de Nicolas Sarkozy, c'est que celui-ci, tout le long de sa campagne, s'est positionné comme le seul recours possible face à une Gauche en pleine déliquescence. En tant qu'ancien président de la République, il était convaincu de sa légitimité, face au bilan calamiteux dans maints domaines, du mandat de François Hollande. Il n'a pas réalisé que nombre de français qui ont voté lors de ces Primaires – et notamment ceux de son propre camp – ont désiré qu'il ne soit plus dans la course. Son propre mandat, en effet, n'a pas été vu par comme étant fructueux. Ils se sont surtout souvenu, il me semble, des stratégies qu'il a mis en place afin d'attirer à lui ceux et celles qui, à ce moment-là, ont voté pour le Front National. Avec, en conséquences, l'exacerbation des tensions entre communautés dont est composé la France qui n'ont cessé de se creuser. Un autre point est que les gens qui ont cru en lui en 2007 n'ont pas vu les résultats qu'ils attendaient de lui à la fin de son quinquennat. Sa prise en otage permanente des médias à son profit afin d'annoncer à tout va de nouvelles mesures susceptibles d'améliorer la situation économique de notre pays, avec peu d'applications concrètes ensuite, n'ont pas, non plus été en sa faveur. D'autant qu'il a utilisé les mêmes ficelles en 2012, puis, tout le long des semaines et des mois qui viennent de s'écouler.

Son programme quasi-exclusivement concentré sur « l'identité nationale » - pour ma part, je ne sais toujours pas ce qui se cache derrière ce terme fourre-tout -, sur les dangers de l'immigration, sur la vision d'un Islam qui ne peut qu'amener ses croyants à l'islamisation, lui a été préjudiciable. De même que sa radicalisation de plus en plus vive qui y était liée au fil du temps. D'ailleurs, quand on y songe, c'est ce que les français ont perçu de lui, en 2012 ; et qui a entraîné un « tout, sauf Sarkozy » ayant conduit François Hollande à l’Élysée. Avec le regard consterné et colériques vis-à-vis de l'action de ce dernier qu'en ont nos compatriotes aujourd'hui.

Si le vote des sympathisants de Gauche lors des élections d'hier a été relativement inattendu, il n'a eu que peu d'impact sur les scores enregistrés. Il est uniquement du au fait que certaines personnes voulaient tout faire pour amoindrir la percée de Nicolas Sarkozy à laquelle tout le monde s'attendait. Néanmoins, les 3 % qu'ils ont été, sur les plus de quatre millions d'inscrits à la participation de cette compétition n'est pas suffisante pour expliquer sa défaite. Et ce n'est pas en les prenant pour bouc-émissaire, comme certains de ses soutiens l'ont fait dès hier soir sur les plateaux de télévision, que cela l'expliquera. Soutenir que ce motif en a été la raison n'est qu'un écran de fumée pour éviter de réfléchir sur les véritables enseignements à en tirer. Nul n'est dupe de ce subterfuge grossier et circonstanciel d'un divorce beaucoup plus profond entre Nicolas Sarkozy et les adhérents des Républicains.

Dès lors, l'avantage qu'ont François Fillion et Alain Juppé, c'est que, sans avoir occupé les plus hautes fonctions de l’État, ils ont tous les deux collaboré à plusieurs gouvernements de Droite lorsque celle-ci se trouvait au pouvoir. Tous les deux ont été ministres lors de la mandature de Jacques Chirac ; puis lors de celle de Nicolas Sarkozy. Ils ont également tous les deux été Premier ministre lors de ces mêmes périodes. Ils ont été maires, députés. Bref, ils sont au fait de tous les rouages de l’exécutif.

Ce qui les sépare, par contre, c'est ceci: la pensée politique de François Fillion se situe véritablement à Droite. Elle se situe, à peu de choses près, dans la continuité du « Sarkozisme ». Ce n'est pas pour rien qu'avant de devenir « ennemis intimes » - comme Chirac et Sarkozy vingt ans plus tôt -, François Fillion a été, durant cinq ans, le Premier ministre de Nicolas Sarkozy. François Fillion est, lui aussi, un ultra-libéral considérant que le vecteur Économique est ce qui peut redresser la France. Il croit qu'en favorisant l'entreprenariat, en diminuant les impôts et les charges sous lesquelles croulent – avec juste raison – les petites, moyennes, et grandes entreprises, le développement de l'emploi sera favorisé.

C'est exact, mais dans des portions assez limitées. Dans un monde globalisé comme le notre, où la concurrence fait rage à un niveau jamais atteint, par souci de rentabilité, les entreprises continueront à délocaliser dans des contrées à bas coût en main-d’œuvre. Or, qu'on le veuille ou non, qu'on l'accepte ou non, mème si les charges et les impôts des entreprises de l’hexagone faiblissaient drastiquement, un salaire de 200 à 300 euros en Europe de l'Est ou en Asie, sera toujours plus avantageux qu'un salaire au smic – près de 1300 euros mensuels.

C'est une réalité contre laquelle l'Occident, et la France en particulier, ne peut lutter. La seule solution envisageable – et envisagée – par tous les leaders de la Droite – Sarkozy jadis, Fillion désormais, Juppé également, mais dans une moindre mesure selon moi – est de favoriser la précarisation de l'emploi. Quand on regarde les faits à la place d'un chef d'entreprise, afin de pouvoir demeurer compétitif au niveau international, il est vital de réduire le coût de représenté par le personnel au minimum. Et cela passe par son utilisation en fonction des besoins « à flux tendu » de la firme ; qu'elle soit petite, moyenne, ou grande. Ce sont les commandes, les ventes, et donc, les exigences d'y répondre, qui dictent leur loi.

De fait, lorsqu'il y en a un grand nombre, il faut embaucher ponctuellement pour pallier à la demande. Par contre, lorsqu'il y en à peu, afin de ne pas perdre de l'argent inutilement – voire, de mettre la clé sous la porte -, il est indispensable de débaucher. C'est ce à quoi nous assistons depuis une vingtaine d'années que la mondialisation a pris les proportions que connaissons aujourd'hui.

Nos politiques – de Droite comme de Gauche – en sont conscients. Ils ne peuvent lutter contre ce phénomène irréversible. François Fillion, s'il est élu aux plus hautes fonctions, continuera donc d'accompagner ce bouleversement sociétal majeur dont nous constatons les effets tous les jours. Et comme le monde ouvrier enchaîné aux exploitations industrielles d'autrefois – automobile, charbon, filatures, minerai, etc. -, il s'agit là d'un tournant décisif. Il est dur, il est cruel, il est injuste, il est dévastateur. Il condamne des millions de personnes au chômage, à la misère, à la souffrance. Néanmoins, nul n'est capable de contrer cette évolution de notre modèle de civilisation occidental. La seule chose utile, est de la chaperonner afin d'en éviter les effets les plus désastreux ; dans la mesure du possible.

C'est cette position que prévoit de tenir François Fillion si jamais il est élu président de la République en Mai prochain. Car c'est un homme réaliste, qui a été Premier ministre avant de briguer ce mandat. Il connaît, qui plus est, l'état des finances de la France. Il poursuivra, à n'en pas douter, le désengagement de l’État vis-à-vis de ses prérogatives publiques de la mème manière que Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Car il est, parallèlement, tout aussi essentiel de désendetter la France: plus de 1200 milliards d'euros de passif au jour d'aujourd'hui. Sachant que ce ne sont, dans l'immense majorité des cas, que les intérêts de cette dette qui ne sont remboursés lorsque c'est faisable, et non pas la dette elle-même proprement dit. Autrement dit, c'est un puits sans fonds dont notre pays ne parvient plus à se sortir depuis le s deux chocs pétroliers des années soixante-dix ; ainsi que leurs prolongements jusqu’à aujourd'hui ; et pour longtemps encore.

La doctrine de la Droite est, dès lors, qu'un service public, qu'une institution étatique, doit s'avérer rentable. Afin de tenter d'inverser la banqueroute généralisée qui se profile à l'horizon, il est indispensable de réduire les dépenses de l’État au minimum. Dans l'idéal… Puisque dans les faits, on constate que, malgré les restriction budgétaires dans tous les corps de nos institutions, au mieux, elles restent stables ; au pire, elles augmentent malgré tout.

Pour quelle raison? Tout simplement parce que nul ne veut se serrer véritablement la ceinture. Les réformes nécessaires, lorsqu'elles sont entreprises, sont vidées de tout leur contenu parce qu’aussitôt les syndicats s'indignent. Ils s'accrochent à leurs privilèges gagnés à une époque où le plein emploi, où les Trente Glorieuses, étaient à leur apogée. Après la Seconde Guerre Mondiale, la France était à reconstruire. L'accès de chacun au confort, à la propriété, aux bienfaits de la technologie, à la nourriture abondante et peu chère, étaient des éléments considérés comme naturels. Tout cela parce que, grâce à la reconstruction du pays, la croissance était constante.

Au point qu'il n'y avait pas assez de bras en France, et que, comme des décennies plus tôt avec les polonais, les italiens, les espagnols, les portugais, etc. le gouvernement de l'époque a favorisé la venue d'étrangers – nord-africains cette fois – pour contribuer à l'effort collectif. Le rassemblement familial – légitime – a été promu. Les enfants nés sur le sol français en ont obtenu la nationalité, bien que relégués dans des cités dortoirs érigées à la va-vite afin de les y domicilier. En ce temps-là, la France était très heureuse de les avoir « sous la main » pour la redresser. Il ne faut jamais l'oublier ou le négliger.

Alors, aujourd'hui, ce n'est pas parce que quelques milliers de leurs descendants, sur les millions qu'ils sont, causent des problèmes – délinquance, drogue, Daesh, etc. - qu'ils doivent servir d'exutoire à tous les a-priori. Ils ne sont pas – et n'ont jamais été – les causes des malheurs actuels de la France. L'Islam, en lequel ils croient, n'a rien à voir avec l'Islamisme de quelques centaines de fanatiques poseurs de bombes qui font passer leur interprétation rétrograde de l'Islam avant les valeurs et les lois du pays où ils sont nés ; ou qui les accueille.

Or, c'est une erreur fondamentale de la Droite que de se laisser entraîner sur ce terrain-là. Car ce terrain est – a été, et sera toujours – celui de l'Extrème-Droite incarnée par le Front National. Ce sont ses fondamentaux hérités de la vision paradisiaque de ce qu'a été le colonialisme ; avec des relents de pétainisme, de poujadisme, de néo-nazisme, de hooliganisme, et de royalisme. Toutes ces mouvances hétéroclites rassemblées sous la mème bannière, et dont le rejet de l'autre, de celui qui est différent, est forcément nocif au sang français « pur » dont ils sont les représentants. Tout en sachant très bien que cette notion de « sang pur » est l'un des héritages les plus monstrueux de l'idéologie fasciste. Tout en sachant également que la France ayant depuis plus de 2000 ans été une terre de brassage ethnique, culturel, social, religieux.

Nul ne peut se prévaloir de posséder un sang « purement français ». Romains, Germains, Vikings, Sarrasins, Slaves, Proche et Moyen-Orientaux, etc. ont alimenté de leurs apports les habitants de notre contrée, ainsi que ceux de l'ensemble de l'Europe. Imaginer que ce ne soit pas le cas est donc une erreur monumentale. Pire, c'est nier ce qu'a été notre Histoire. C'est refuser tout ce sur quoi repose ce que nous sommes en tant que nation. Et il n'y a que ceux et celles qui n'ont pas un minimum de culture historique qui peuvent professer de telles aberrations.

En outre, si le Front National détient des scores aussi élevés aux différentes élections depuis que Marine LePen en a pris le contrôle – le FN « light » -, dans l'immense majorité des cas, ce n'est pas parce que ceux et celles qui l'ont rallié croient en son programme ; et aux thèses sous-jacentes qu'il initie. C'est par dépit et désespoir. C'est parce que les partis politiques traditionnels, ainsi que leurs représentants conventionnels, les ont déçu. Toujours les mêmes promesses, toujours cette affirmation « je suis l'homme qui va améliorer votre existence. Je suis celui qui va redresser notre pays, qui va lui rendre son éclat, sa vitalité. ». Durant les campagnes électorales telles que celle à laquelle nous venons d'assister, demain sera meilleur qu'aujourd'hui. L'époque bénie des Trente Glorieuses, du plein emploi, de la croissance, du désendettement, va revenir.

Quand on écoute Nicolas Sarkozy, François Fillion, ou Alain Juppé à Droite – et mème des ténors de la Gauche actuelle, jusqu’à François Hollande en personne -, ils se réclament d'ailleurs tous de l'héritage du Général de Gaulle. Or, ce dernier, tout comme la nation dont il était le président, se sont définitivement éteints depuis plus de quarante ans. La page de cette Age d'Or s'est tournée lorsque l'Occident a soudain réalisé que son économie reposait sur un équilibre fragile. « Nous dépendons des pays producteurs de pétrole. ». Nos anciennes colonies, riches de leurs milliards de milliards de barils de brut, ce sont par leur intermédiaire que notre économie peut tourner. Pratiquement tous les rouages de notre société y sont assujettis.

Néanmoins, nos hommes politiques en sont toujours à se raccrocher aux fondamentaux de cette idéologie surannée. Le monde a plusieurs fois subi de gigantesques bouleversements politiques, sociaux, économiques, culturels, etc., et ils en sont toujours à se baser sur des modes de pensée datant de la Guerre Froide.

Et François Fillion, peut-être davantage qu'Alain Juppé qui, lui, a tendance à puiser ses thèmes sur les valeurs prônées par le Centre-Droit. Cela ne veut pas dire qu'elles sont plus valables que celles de son adversaire pour le Deuxième Tour des Primaires de la Droite et du Centre. Elles sont peut-être empruntes d'un peu plus d'Humanité. De valeurs considérant que l'humain n'est pas qu'un outil au service de l'industrie ou de l'entreprise. Que l'humain n'est pas à être vu comme un outil jetable une fois que la rentabilité qu'il apporte, baisse.

Concept qui, il ne faut pas l'oublier, est l'un des fondamentaux des partisans de la Droite « dure » naguère symbolisée par Nicolas Sarkozy ; et dont François Fillion est désormais l'héritier ; en légèrement moins agressif dans sa façon de l'évoquer publiquement.

Pour autant, si François Fillion et Nicolas Sarkozy matérialisent, chacun à leur manière, cette sensibilité, Alain Juppé personnifie l'un des courants dont est issu le mouvement « les Républicains ». Ce parti, successeur de l'UMP, et avant lui, du RPR, se réclame du Gaullisme. Ce Gaullisme, comme je le détaillais plus haut, détenait sa légitimité de l'époque des Trente Glorieuses. Les idéaux, donc, des deux adversaires encore en lice aujourd'hui pour prétendre à l'élection présidentielle de Mai prochain, en sont imprégnés. Alors qu'ils ne sont plus d'actualité.

Qu'on ne s'y trompe malgré tout pas: ceux-ci sont honorables, respectables. Contrairement aux idéaux communistes ou frontistes, ils ne cachent pas sous leurs vêtements d'apparat des modèles de civilisation qui ont laissé des dizaines de millions de morts dans leur sillage. Ils véhiculent les valeurs de la Démocratie, de la République, de la Laïcité, de la Liberté ; toutes ces valeurs qui, personnellement, me sont chères, et que je suis prêt à défendre au péril de ma vie si nécessaire.

Toutefois, ils ont besoin d'évoluer, de s'adapter aux temps actuels, à la civilisation en constante mutation au cœur de laquelle nous nous trouvons. Si leurs représentants ne remettent pas en question un certain nombre des moyens de mettre en pratique ces valeurs, ils reproduiront les mêmes erreurs que leurs prédécesseurs. Ils creuseront davantage encore le fossé qui sépare les élites du peuple. Ils alimenteront la colère et le ressentiment des gens qui mettent tous leurs espoir en eux. Et ils les jetteront dans les bras d'une Extrème-Droite qui n'attend que cela ; et qui murmurera à leurs oreilles: « vous voyez, il n'y a qu'avec nous que les choses peuvent véritablement changer. ».

Mais en pire. Car ses solutions – sortie de l'Europe, retour au franc, fermeture des frontières, rejet des étrangers, et des musulmans notamment, etc. - entraînera très vite la France dans une spirale aux conséquences incalculables. Ce sera, non seulement, un recul sur le plan intérieur, mais aussi sur le plan extérieur. Il s'agira d'une régression. Dans un monde globalisé comme le notre, le repli sur soi est la pire des solutions. Elle est synonyme d'appauvrissement. Car, si nous refusons les règles commerciales internationnales en vigueur, nos concurrents refuseront dès lors d'exporter leurs produits chez nous. C'est l'énorme risque que prennent actuellement la Grande-Bretagne avec le Brexit – des provinces du Royaume-Uni n'ont-elles pas menacé de faire sécession pour retourner au sein de l'Europe, si celui-ci était pleinement appliqué? Ainsi que les États-Unis avec l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche – la Californie n'a-r-elle pas brandi la même sommation si les promesses électorales de Donald Trump étaient toutes exécutées?

Le risque est réel. Et la Droite, quel que soit celui qui gagne au Deuxième tour des Primaires, devra garder cela en mémoire. Notre nation a besoin d'un rassembleur, de quelqu'un qui rassure nos compatriotes. Elle a besoin de se sentir épaulée pour que l'existence des uns et des autres soit considérée, soit protégée, soit teintée d'espoir et de confiance en l'avenir.

Une dernière chose, pour terminer – j'y reviendrai certainement au moment des Primaires de la Gauche. Les ténors du Parti Socialiste, de même que François Hollande, semblent se réjouir de l'éviction de Nicolas Sarkozy de la course à la Présidentielle. Il paraîtrait même, d'après ce que j'ai entendu hier soir aux informations télévisées que notre président de la République actuel – qui hésitait jusqu'alors à tenter un deuxième mandat – s'en féliciterait. Il considérerait son principal rival mis à terre. Et donc, il aurait désormais de nouvelles chances de l'emporter l'année prochaine.

C'est une erreur stratégique sidérante que de penser cela. Nicolas Sarkozy disparu ne veut pas dire que la Droite est incapable de prendre la relève du président de la République le plus incapable que la Cinquième République ait eu. Il faut sa souvenir que s'il a été élu, c'est davantage par rejet de son prédécesseur, que par conviction qu'il était capable de redresser la France. On en a vu les résultats tout le long des cinq années de sa législature.

D'autant plus que d'autres candidats plus ou moins déclarés à Gauche sont prêts à en découdre. Que ce soit dans le cadres des Primaires à Gauche, ou en dehors de celui-ci. Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, le candidat écologiste non encore déclaré, n'hésiteront pas à se lancer dans la mêlée. Au sein même du Parti Socialiste, ceux et celles qui estiment le bilan de ce quinquennat désastreux, n'attendent que la déclaration de candidature de François Hollande à la Primaire, pour désirer l'évincer. Manuel Vals se verrait bien prendre la relève. Car, comme François Fillion face à Nicolas Sarkozy, celui-ci a l'expérience de son passage à Matignon. Il se démarque de son « tuteur » par ses idées en décalage avec celles de ce dernier. Il a la volonté de tenter sa chance. Et encore, ce n'est qu'un parmi d'autres. Beaucoup se bousculent d'ores et déjà pour remiser François Hollande au placard de l'Histoire.

En outre, il est à souligner que si François Hollande se retrouvait face à François Fillion ou Alain Juppé, les français ne lui pardonneraient certainement pas l'état dans lequel il laisse le pays au terme de son mandat. Ils se rappelleraient des « affaires » qui l'ont émaillé. De la mollesse de ses actions. De plus, il n'est même pas certain que, dans ce cas de figure, il se retrouve au Deuxième tour des Présidentielles. Nous pourrions assister à un 21 Avril bis. Et, dans le but de faire barrage au Front National, l'immense majorité des Français se sentiraient obligés de voter pour le candidat élu de la Droite et du Centre. A part, bien-sûr, les partisans les plus extrémistes de Marine LePen – ces 20 % environ de notre population – constitués de poujadistes, de royalistes, de pétainistes, de groupuscules néonazis, etc. habituels.

A mon avis – mais je n'expose, au travers de ce long article – que mon propre point de vue éditorial concernant les conséquences à court, moyen, et long terme, du Premier Tour de ces Primaires à Droite et au Centre. Je ne suis pas devin. Nul ne peut affirmer clairement de quoi notre avenir sera fait. Néanmoins, il s'agit là de ma vision politique de ce qui est susceptible de se produire dans la semaine qui vient, ainsi que dans les semaines et les mois suivants...

dominique29600 · https://www.facebook.com/pages/Valognes/105586969475355Ça y est!!! Le Premier tour des Primaires de la Droite est du Centre, en vue des prochaines échéances présidentielles de Mai 2017, est achevé. Et on peut dire, sans risque de se tromper, que celui-ci a bouleversé en profondeur l'échiquier politique des partis qui lui sont affiliés.

En effet, l'une des grandes surprise de ses résultats est que Nicolas Sarkozy a immédiatement été éliminé de la course à l’Élysée. Avec 20,6 % de votants en sa faveur, il se situe loin derrière Alain Juppé, et surtout François Fillion ; qui, respectivement, ont reçu 28,6 % et 44,1 % des suffrages selon les derniers comptages définitifs.

Que doit-on en conclure, au premier abord? Une des évidences qui saute immédiatement aux yeux, et qui a été une des erreurs de Nicolas Sarkozy, c'est que celui-ci, tout le long de sa campagne, s'est positionné comme le seul recours possible face à une Gauche en pleine déliquescence. En tant qu'ancien président de la République, il était convaincu de sa légitimité, face au bilan calamiteux dans maints domaines, du mandat de François Hollande. Il n'a pas réalisé que nombre de français qui ont voté lors de ces Primaires – et notamment ceux de son propre camp – ont désiré qu'il ne soit plus dans la course. Son propre mandat, en effet, n'a pas été vu par comme étant fructueux. Ils se sont surtout souvenu, il me semble, des stratégies qu'il a mis en place afin d'attirer à lui ceux et celles qui, à ce moment-là, ont voté pour le Front National. Avec, en conséquences, l'exacerbation des tensions entre communautés dont est composé la France qui n'ont cessé de se creuser. Un autre point est que les gens qui ont cru en lui en 2007 n'ont pas vu les résultats qu'ils attendaient de lui à la fin de son quinquennat. Sa prise en otage permanente des médias à son profit afin d'annoncer à tout va de nouvelles mesures susceptibles d'améliorer la situation économique de notre pays, avec peu d'applications concrètes ensuite, n'ont pas, non plus été en sa faveur. D'autant qu'il a utilisé les mêmes ficelles en 2012, puis, tout le long des semaines et des mois qui viennent de s'écouler.

Son programme quasi-exclusivement concentré sur « l'identité nationale » - pour ma part, je ne sais toujours pas ce qui se cache derrière ce terme fourre-tout -, sur les dangers de l'immigration, sur la vision d'un Islam qui ne peut qu'amener ses croyants à l'islamisation, lui a été préjudiciable. De même que sa radicalisation de plus en plus vive qui y était liée au fil du temps. D'ailleurs, quand on y songe, c'est ce que les français ont perçu de lui, en 2012 ; et qui a entraîné un « tout, sauf Sarkozy » ayant conduit François Hollande à l’Élysée. Avec le regard consterné et colériques vis-à-vis de l'action de ce dernier qu'en ont nos compatriotes aujourd'hui.

Si le vote des sympathisants de Gauche lors des élections d'hier a été relativement inattendu, il n'a eu que peu d'impact sur les scores enregistrés. Il est uniquement du au fait que certaines personnes voulaient tout faire pour amoindrir la percée de Nicolas Sarkozy à laquelle tout le monde s'attendait. Néanmoins, les 3 % qu'ils ont été, sur les plus de quatre millions d'inscrits à la participation de cette compétition n'est pas suffisante pour expliquer sa défaite. Et ce n'est pas en les prenant pour bouc-émissaire, comme certains de ses soutiens l'ont fait dès hier soir sur les plateaux de télévision, que cela l'expliquera. Soutenir que ce motif en a été la raison n'est qu'un écran de fumée pour éviter de réfléchir sur les véritables enseignements à en tirer. Nul n'est dupe de ce subterfuge grossier et circonstanciel d'un divorce beaucoup plus profond entre Nicolas Sarkozy et les adhérents des Républicains.

Dès lors, l'avantage qu'ont François Fillion et Alain Juppé, c'est que, sans avoir occupé les plus hautes fonctions de l’État, ils ont tous les deux collaboré à plusieurs gouvernements de Droite lorsque celle-ci se trouvait au pouvoir. Tous les deux ont été ministres lors de la mandature de Jacques Chirac ; puis lors de celle de Nicolas Sarkozy. Ils ont également tous les deux été Premier ministre lors de ces mêmes périodes. Ils ont été maires, députés. Bref, ils sont au fait de tous les rouages de l’exécutif.

Ce qui les sépare, par contre, c'est ceci: la pensée politique de François Fillion se situe véritablement à Droite. Elle se situe, à peu de choses près, dans la continuité du « Sarkozisme ». Ce n'est pas pour rien qu'avant de devenir « ennemis intimes » - comme Chirac et Sarkozy vingt ans plus tôt -, François Fillion a été, durant cinq ans, le Premier ministre de Nicolas Sarkozy. François Fillion est, lui aussi, un ultra-libéral considérant que le vecteur Économique est ce qui peut redresser la France. Il croit qu'en favorisant l'entreprenariat, en diminuant les impôts et les charges sous lesquelles croulent – avec juste raison – les petites, moyennes, et grandes entreprises, le développement de l'emploi sera favorisé.

C'est exact, mais dans des portions assez limitées. Dans un monde globalisé comme le notre, où la concurrence fait rage à un niveau jamais atteint, par souci de rentabilité, les entreprises continueront à délocaliser dans des contrées à bas coût en main-d’œuvre. Or, qu'on le veuille ou non, qu'on l'accepte ou non, mème si les charges et les impôts des entreprises de l’hexagone faiblissaient drastiquement, un salaire de 200 à 300 euros en Europe de l'Est ou en Asie, sera toujours plus avantageux qu'un salaire au smic – près de 1300 euros mensuels.

C'est une réalité contre laquelle l'Occident, et la France en particulier, ne peut lutter. La seule solution envisageable – et envisagée – par tous les leaders de la Droite – Sarkozy jadis, Fillion désormais, Juppé également, mais dans une moindre mesure selon moi – est de favoriser la précarisation de l'emploi. Quand on regarde les faits à la place d'un chef d'entreprise, afin de pouvoir demeurer compétitif au niveau international, il est vital de réduire le coût de représenté par le personnel au minimum. Et cela passe par son utilisation en fonction des besoins « à flux tendu » de la firme ; qu'elle soit petite, moyenne, ou grande. Ce sont les commandes, les ventes, et donc, les exigences d'y répondre, qui dictent leur loi.

De fait, lorsqu'il y en a un grand nombre, il faut embaucher ponctuellement pour pallier à la demande. Par contre, lorsqu'il y en à peu, afin de ne pas perdre de l'argent inutilement – voire, de mettre la clé sous la porte -, il est indispensable de débaucher. C'est ce à quoi nous assistons depuis une vingtaine d'années que la mondialisation a pris les proportions que connaissons aujourd'hui.

Nos politiques – de Droite comme de Gauche – en sont conscients. Ils ne peuvent lutter contre ce phénomène irréversible. François Fillion, s'il est élu aux plus hautes fonctions, continuera donc d'accompagner ce bouleversement sociétal majeur dont nous constatons les effets tous les jours. Et comme le monde ouvrier enchaîné aux exploitations industrielles d'autrefois – automobile, charbon, filatures, minerai, etc. -, il s'agit là d'un tournant décisif. Il est dur, il est cruel, il est injuste, il est dévastateur. Il condamne des millions de personnes au chômage, à la misère, à la souffrance. Néanmoins, nul n'est capable de contrer cette évolution de notre modèle de civilisation occidental. La seule chose utile, est de la chaperonner afin d'en éviter les effets les plus désastreux ; dans la mesure du possible.

C'est cette position que prévoit de tenir François Fillion si jamais il est élu président de la République en Mai prochain. Car c'est un homme réaliste, qui a été Premier ministre avant de briguer ce mandat. Il connaît, qui plus est, l'état des finances de la France. Il poursuivra, à n'en pas douter, le désengagement de l’État vis-à-vis de ses prérogatives publiques de la mème manière que Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Car il est, parallèlement, tout aussi essentiel de désendetter la France: plus de 1200 milliards d'euros de passif au jour d'aujourd'hui. Sachant que ce ne sont, dans l'immense majorité des cas, que les intérêts de cette dette qui ne sont remboursés lorsque c'est faisable, et non pas la dette elle-même proprement dit. Autrement dit, c'est un puits sans fonds dont notre pays ne parvient plus à se sortir depuis le s deux chocs pétroliers des années soixante-dix ; ainsi que leurs prolongements jusqu’à aujourd'hui ; et pour longtemps encore.

La doctrine de la Droite est, dès lors, qu'un service public, qu'une institution étatique, doit s'avérer rentable. Afin de tenter d'inverser la banqueroute généralisée qui se profile à l'horizon, il est indispensable de réduire les dépenses de l’État au minimum. Dans l'idéal… Puisque dans les faits, on constate que, malgré les restriction budgétaires dans tous les corps de nos institutions, au mieux, elles restent stables ; au pire, elles augmentent malgré tout.

Pour quelle raison? Tout simplement parce que nul ne veut se serrer véritablement la ceinture. Les réformes nécessaires, lorsqu'elles sont entreprises, sont vidées de tout leur contenu parce qu’aussitôt les syndicats s'indignent. Ils s'accrochent à leurs privilèges gagnés à une époque où le plein emploi, où les Trente Glorieuses, étaient à leur apogée. Après la Seconde Guerre Mondiale, la France était à reconstruire. L'accès de chacun au confort, à la propriété, aux bienfaits de la technologie, à la nourriture abondante et peu chère, étaient des éléments considérés comme naturels. Tout cela parce que, grâce à la reconstruction du pays, la croissance était constante.

Au point qu'il n'y avait pas assez de bras en France, et que, comme des décennies plus tôt avec les polonais, les italiens, les espagnols, les portugais, etc. le gouvernement de l'époque a favorisé la venue d'étrangers – nord-africains cette fois – pour contribuer à l'effort collectif. Le rassemblement familial – légitime – a été promu. Les enfants nés sur le sol français en ont obtenu la nationalité, bien que relégués dans des cités dortoirs érigées à la va-vite afin de les y domicilier. En ce temps-là, la France était très heureuse de les avoir « sous la main » pour la redresser. Il ne faut jamais l'oublier ou le négliger.

Alors, aujourd'hui, ce n'est pas parce que quelques milliers de leurs descendants, sur les millions qu'ils sont, causent des problèmes – délinquance, drogue, Daesh, etc. - qu'ils doivent servir d'exutoire à tous les a-priori. Ils ne sont pas – et n'ont jamais été – les causes des malheurs actuels de la France. L'Islam, en lequel ils croient, n'a rien à voir avec l'Islamisme de quelques centaines de fanatiques poseurs de bombes qui font passer leur interprétation rétrograde de l'Islam avant les valeurs et les lois du pays où ils sont nés ; ou qui les accueille.

Or, c'est une erreur fondamentale de la Droite que de se laisser entraîner sur ce terrain-là. Car ce terrain est – a été, et sera toujours – celui de l'Extrème-Droite incarnée par le Front National. Ce sont ses fondamentaux hérités de la vision paradisiaque de ce qu'a été le colonialisme ; avec des relents de pétainisme, de poujadisme, de néo-nazisme, de hooliganisme, et de royalisme. Toutes ces mouvances hétéroclites rassemblées sous la mème bannière, et dont le rejet de l'autre, de celui qui est différent, est forcément nocif au sang français « pur » dont ils sont les représentants. Tout en sachant très bien que cette notion de « sang pur » est l'un des héritages les plus monstrueux de l'idéologie fasciste. Tout en sachant également que la France ayant depuis plus de 2000 ans été une terre de brassage ethnique, culturel, social, religieux.

Nul ne peut se prévaloir de posséder un sang « purement français ». Romains, Germains, Vikings, Sarrasins, Slaves, Proche et Moyen-Orientaux, etc. ont alimenté de leurs apports les habitants de notre contrée, ainsi que ceux de l'ensemble de l'Europe. Imaginer que ce ne soit pas le cas est donc une erreur monumentale. Pire, c'est nier ce qu'a été notre Histoire. C'est refuser tout ce sur quoi repose ce que nous sommes en tant que nation. Et il n'y a que ceux et celles qui n'ont pas un minimum de culture historique qui peuvent professer de telles aberrations.

En outre, si le Front National détient des scores aussi élevés aux différentes élections depuis que Marine LePen en a pris le contrôle – le FN « light » -, dans l'immense majorité des cas, ce n'est pas parce que ceux et celles qui l'ont rallié croient en son programme ; et aux thèses sous-jacentes qu'il initie. C'est par dépit et désespoir. C'est parce que les partis politiques traditionnels, ainsi que leurs représentants conventionnels, les ont déçu. Toujours les mêmes promesses, toujours cette affirmation « je suis l'homme qui va améliorer votre existence. Je suis celui qui va redresser notre pays, qui va lui rendre son éclat, sa vitalité. ». Durant les campagnes électorales telles que celle à laquelle nous venons d'assister, demain sera meilleur qu'aujourd'hui. L'époque bénie des Trente Glorieuses, du plein emploi, de la croissance, du désendettement, va revenir.

Quand on écoute Nicolas Sarkozy, François Fillion, ou Alain Juppé à Droite – et mème des ténors de la Gauche actuelle, jusqu’à François Hollande en personne -, ils se réclament d'ailleurs tous de l'héritage du Général de Gaulle. Or, ce dernier, tout comme la nation dont il était le président, se sont définitivement éteints depuis plus de quarante ans. La page de cette Age d'Or s'est tournée lorsque l'Occident a soudain réalisé que son économie reposait sur un équilibre fragile. « Nous dépendons des pays producteurs de pétrole. ». Nos anciennes colonies, riches de leurs milliards de milliards de barils de brut, ce sont par leur intermédiaire que notre économie peut tourner. Pratiquement tous les rouages de notre société y sont assujettis.

Néanmoins, nos hommes politiques en sont toujours à se raccrocher aux fondamentaux de cette idéologie surannée. Le monde a plusieurs fois subi de gigantesques bouleversements politiques, sociaux, économiques, culturels, etc., et ils en sont toujours à se baser sur des modes de pensée datant de la Guerre Froide.

Et François Fillion, peut-être davantage qu'Alain Juppé qui, lui, a tendance à puiser ses thèmes sur les valeurs prônées par le Centre-Droit. Cela ne veut pas dire qu'elles sont plus valables que celles de son adversaire pour le Deuxième Tour des Primaires de la Droite et du Centre. Elles sont peut-être empruntes d'un peu plus d'Humanité. De valeurs considérant que l'humain n'est pas qu'un outil au service de l'industrie ou de l'entreprise. Que l'humain n'est pas à être vu comme un outil jetable une fois que la rentabilité qu'il apporte, baisse.

Concept qui, il ne faut pas l'oublier, est l'un des fondamentaux des partisans de la Droite « dure » naguère symbolisée par Nicolas Sarkozy ; et dont François Fillion est désormais l'héritier ; en légèrement moins agressif dans sa façon de l'évoquer publiquement.

Pour autant, si François Fillion et Nicolas Sarkozy matérialisent, chacun à leur manière, cette sensibilité, Alain Juppé personnifie l'un des courants dont est issu le mouvement « les Républicains ». Ce parti, successeur de l'UMP, et avant lui, du RPR, se réclame du Gaullisme. Ce Gaullisme, comme je le détaillais plus haut, détenait sa légitimité de l'époque des Trente Glorieuses. Les idéaux, donc, des deux adversaires encore en lice aujourd'hui pour prétendre à l'élection présidentielle de Mai prochain, en sont imprégnés. Alors qu'ils ne sont plus d'actualité.

Qu'on ne s'y trompe malgré tout pas: ceux-ci sont honorables, respectables. Contrairement aux idéaux communistes ou frontistes, ils ne cachent pas sous leurs vêtements d'apparat des modèles de civilisation qui ont laissé des dizaines de millions de morts dans leur sillage. Ils véhiculent les valeurs de la Démocratie, de la République, de la Laïcité, de la Liberté ; toutes ces valeurs qui, personnellement, me sont chères, et que je suis prêt à défendre au péril de ma vie si nécessaire.

Toutefois, ils ont besoin d'évoluer, de s'adapter aux temps actuels, à la civilisation en constante mutation au cœur de laquelle nous nous trouvons. Si leurs représentants ne remettent pas en question un certain nombre des moyens de mettre en pratique ces valeurs, ils reproduiront les mêmes erreurs que leurs prédécesseurs. Ils creuseront davantage encore le fossé qui sépare les élites du peuple. Ils alimenteront la colère et le ressentiment des gens qui mettent tous leurs espoir en eux. Et ils les jetteront dans les bras d'une Extrème-Droite qui n'attend que cela ; et qui murmurera à leurs oreilles: « vous voyez, il n'y a qu'avec nous que les choses peuvent véritablement changer. ».

Mais en pire. Car ses solutions – sortie de l'Europe, retour au franc, fermeture des frontières, rejet des étrangers, et des musulmans notamment, etc. - entraînera très vite la France dans une spirale aux conséquences incalculables. Ce sera, non seulement, un recul sur le plan intérieur, mais aussi sur le plan extérieur. Il s'agira d'une régression. Dans un monde globalisé comme le notre, le repli sur soi est la pire des solutions. Elle est synonyme d'appauvrissement. Car, si nous refusons les règles commerciales internationnales en vigueur, nos concurrents refuseront dès lors d'exporter leurs produits chez nous. C'est l'énorme risque que prennent actuellement la Grande-Bretagne avec le Brexit – des provinces du Royaume-Uni n'ont-elles pas menacé de faire sécession pour retourner au sein de l'Europe, si celui-ci était pleinement appliqué? Ainsi que les États-Unis avec l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche – la Californie n'a-r-elle pas brandi la même sommation si les promesses électorales de Donald Trump étaient toutes exécutées?

Le risque est réel. Et la Droite, quel que soit celui qui gagne au Deuxième tour des Primaires, devra garder cela en mémoire. Notre nation a besoin d'un rassembleur, de quelqu'un qui rassure nos compatriotes. Elle a besoin de se sentir épaulée pour que l'existence des uns et des autres soit considérée, soit protégée, soit teintée d'espoir et de confiance en l'avenir.

Une dernière chose, pour terminer – j'y reviendrai certainement au moment des Primaires de la Gauche. Les ténors du Parti Socialiste, de même que François Hollande, semblent se réjouir de l'éviction de Nicolas Sarkozy de la course à la Présidentielle. Il paraîtrait même, d'après ce que j'ai entendu hier soir aux informations télévisées que notre président de la République actuel – qui hésitait jusqu'alors à tenter un deuxième mandat – s'en féliciterait. Il considérerait son principal rival mis à terre. Et donc, il aurait désormais de nouvelles chances de l'emporter l'année prochaine.

C'est une erreur stratégique sidérante que de penser cela. Nicolas Sarkozy disparu ne veut pas dire que la Droite est incapable de prendre la relève du président de la République le plus incapable que la Cinquième République ait eu. Il faut sa souvenir que s'il a été élu, c'est davantage par rejet de son prédécesseur, que par conviction qu'il était capable de redresser la France. On en a vu les résultats tout le long des cinq années de sa législature.

D'autant plus que d'autres candidats plus ou moins déclarés à Gauche sont prêts à en découdre. Que ce soit dans le cadres des Primaires à Gauche, ou en dehors de celui-ci. Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, le candidat écologiste non encore déclaré, n'hésiteront pas à se lancer dans la mêlée. Au sein même du Parti Socialiste, ceux et celles qui estiment le bilan de ce quinquennat désastreux, n'attendent que la déclaration de candidature de François Hollande à la Primaire, pour désirer l'évincer. Manuel Vals se verrait bien prendre la relève. Car, comme François Fillion face à Nicolas Sarkozy, celui-ci a l'expérience de son passage à Matignon. Il se démarque de son « tuteur » par ses idées en décalage avec celles de ce dernier. Il a la volonté de tenter sa chance. Et encore, ce n'est qu'un parmi d'autres. Beaucoup se bousculent d'ores et déjà pour remiser François Hollande au placard de l'Histoire.

En outre, il est à souligner que si François Hollande se retrouvait face à François Fillion ou Alain Juppé, les français ne lui pardonneraient certainement pas l'état dans lequel il laisse le pays au terme de son mandat. Ils se rappelleraient des « affaires » qui l'ont émaillé. De la mollesse de ses actions. De plus, il n'est même pas certain que, dans ce cas de figure, il se retrouve au Deuxième tour des Présidentielles. Nous pourrions assister à un 21 Avril bis. Et, dans le but de faire barrage au Front National, l'immense majorité des Français se sentiraient obligés de voter pour le candidat élu de la Droite et du Centre. A part, bien-sûr, les partisans les plus extrémistes de Marine LePen – ces 20 % environ de notre population – constitués de poujadistes, de royalistes, de pétainistes, de groupuscules néonazis, etc. habituels.

A mon avis – mais je n'expose, au travers de ce long article – que mon propre point de vue éditorial concernant les conséquences à court, moyen, et long terme, du Premier Tour de ces Primaires à Droite et au Centre. Je ne suis pas devin. Nul ne peut affirmer clairement de quoi notre avenir sera fait. Néanmoins, il s'agit là de ma vision politique de ce qui est susceptible de se produire dans la semaine qui vient, ainsi que dans les semaines et les mois suivants...

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