« Laisse nous pleurer « NOS » morts en paix »: Il s'agit-là,...

« Laisse nous pleurer « NOS » morts en paix »:

Il s'agit-là, en partie, de la réponse à l'un de mes multiples contacts au texte que j'ai publié hier concernant le monstrueux attentat islamiste qui s'est déroulé au sein de l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray.

Je tiens à répéter – puisque cela s'avère nécessaire – que je suis athée, et que je me bats en permanence contre l'obscurantisme idéologique et religieux, d'où qu'il vienne, de quelque personne que ce soit. Néanmoins, cela ne m’empêche pas que je suis de tout cœur avec les victimes de la barbarie qui secoue le monde depuis que cette Troisième Guerre Mondiale a débuté à l'aube de ce millénaire. Qu'elles soient touchées en France, en Espagne, en Tunisie, en Allemagne, aux États-Unis, ou n'importe où ailleurs sur notre planète, la douleur, l'effroi, la consternation, le dégoût, etc. sont partout semblables. Il n'y a pas un degré supplémentaire ou moindre en fonction du pays où l'on habite, de la religion – ou pas – à laquelle on adhère, de sa couleur de peau, ou autre.

On pleure nos morts parce qu'ils appartiennent à notre communauté, c'est un instinct naturel ; c'est humain. Toutefois, lorsqu'on regarde toutes les horreurs commises au nom de la Religion – des trois religions monothéistes principales notamment -, je ne vois pas pourquoi telle victime serait plus importante que telle autre. Nous sommes tous de martyrs en puissance de cette intolérance, de ce fanatisme, de ces persécutions, de cette rancœur, dont le venin coule dans les veines de ces doctrinaires érigeant leurs livres saints comme arme de destruction massive. De fait, si je pleure ce pauvre prêtre de plus de quatre-vingts ans égorgé dans son église, je pleure également tous ceux, et toutes celles, de par le monde, qui subissent les mêmes tortures, les mêmes annihilations.

Je pleure, certes. Mais mes larmes ne m’empêchent pas de me battre contre tous ceux et toutes celles qui profitent de ces situations dramatiques, pour susciter la division, le désir de vengeance, la peur de celui ou de celle qui est différent, ou qui pense autrement. Mes pleurs ne ramèneront pas ces morts à la vie. Je peux juste compatir au chagrin, à la détresse, à l'affliction de leurs proches, de leurs familles, de leurs amis ; de tous ceux et de toutes celles qu'ils aimaient, et qui les aiment. Ils trouveront toujours en moi un oreille attentive, une épaule sur laquelle s'appuyer s'ils en éprouvent le besoin, un ami. Et ce, une fois encore, qu'ils soient athées ou non, quelle que soit leur origine, leur couleur de peau, leur orientation sexuelle, etc.

Car, lorsque j'y songe, c'est tout aussi monstrueux de choisir quel individu mérite nos pleurs en priorité, et lequel vient après parce qu'il est moins proche de nous d'une manière ou d'une autre. C'est se montrer aussi sectaire, aussi intégriste, que ces barbares que nous sommes censés combattre. C'est ce mettre à leur niveau ; plus encore, c'est leur prouver qu'ils ont raisons de nous haïr, de désirer nous détruire. Puisque nous décidons quelle personne mérite nos larmes, notre soutien, notre miséricorde, au détriment d'autres. La vie est le bien le plus précieux que nous ayons, et elle a autant de valeur, que nous soyons français, algérien, américain, syrien, afghan, catholique, musulman, juif, athée, j'en passe.

Faire une distinction, avoir une préférence, dans ce domaine précis comme dans tous les autres, est faire le jeu de ces intégristes de tous poil. Cela veut dire « nous valons mieux que vous ». Et c'est ce qu'ils cherchent afin de justifier leurs actions meurtrières à notre encontre. Cela leur montre qu'ils ont raison de vouloir détruire les valeurs que nous représentons. Cela leur prouve que nous sommes aussi sectaires et intolérants qu'eux ; que les idéaux de liberté, d'égalité, de fraternité, ne sont destinés qu'à une élite à laquelle notre nation, notre continent, notre civilisation appartient… mais que ceux et celles qui plient le genoux devant ces djihadistes afin de ne pas périr, n'appartiennent pas.

Pour ma part, ce n'est pas un chemin que j'ai le désir d'emprunter. Peut-être que vous, lecteurs ou lectrices, ne voyez pas les choses comme moi. Je le respecte. Chacun est libre de ses opinions, sur quelque sujet que ce soit. Mais, en ce qui me concerne, les valeurs humanistes que je prône, la philosophie qui est la mienne, dépasse ces clivages.

La spiritualité que j'ai acquise tout le long de la vingtaine d'années de recherches dans toutes les spécialités auxquelles je me suis consacré m'a appris, au moins, un certain nombre de choses: ne pas se laisser emporter par ses émotions dans des circonstances telles que celles que nous traversons en ce moment. Il n'y a rien de pire. Ce sont elles qui sont les rouages des haines, des violences, des désirs de vengeance, des guerres, de demain. Elles empirent des faits déjà éminemment dramatiques et terrifiants. C'est sur elles que comptent Daesh et consort pour exacerber nos réactions ; et là, une fois encore, justifier les ressentiments et le déchaînement dont ils sont emplis. Les savoirs que j'ai accumulé, et qui sont à la base de ma spiritualité, m'ont aussi enseigné qu'il est davantage utile – voire vital – de faire appel à sa raison et a son intelligence, plutôt qu'aux instincts primitifs et souvent néfastes dont nos émotions sont le lointain reflet. En particulier, lors de périodes agitées et empreintes d'excès comme celle-ci. Les décisions, les choix, les avis, que nous mettons alors en avant, dépassent nos pensées le plus souvent. Et ils nous entraînent vers des comportements, vers des attitudes, vers des actes, sur lesquels nous ne pouvons plus revenir ensuite. Et qui, généralement, au lieu d'apaiser les esprit, au lieu d'essayer de trouver des solutions, engendrent des événements pire qu'auparavant.

Là non plus, je ne me résous pas à cette solution de facilité, à cette simplicité rétrograde et manquant de sens commun. Je suis désolé de décevoir ceux ou celles qui préfèrent se laisser aller à cette façon de se comporter. Mais là encore, nous sommes tous différents. Je les respecte trop en tant qu'êtres humains, en tant qu'amis, que contacts, que relations quotidiennes ou épisodiques pour les juger sur ce point. Mais je ne les suivrai pas.

Est-ce pourtant à dire qu'il ne faut rien faire pour arrêter ces barbares dans leurs actes abominables? Je n'ai jamais proféré de telles paroles. Et je ne les prononcerai jamais. Bien au contraire, nous devons dépasser nos peurs et nos antagonismes personnels ou corporatistes, pour les affronter sur leur propre terrain. Moi, je me bats avec mes mots, mes idées, les connaissances que j'ai sur ce qu'est la Religion, de ses origines à sa propagation, sur ses concepts et ses dogmes, sur ses livres saints – quelle que soit la Croyance concernée -, sur son histoire, sa théologie, etc. C'est en la matière que je suis le plus apte à combattre cet obscurantisme latent dont j'observe les effets dévastateurs sur bon nombre de personnes, que ce soit ici ou ailleurs. Et alors que je pleure, et que je souffre, avec ceux et celles qui ont perdu des êtres qu'ils chérissaient, au cours de ces attentats abominables, je suis d'autant plus déterminé à les affronter avec les moyens qui sont à ma disposition. Avec ma raison, mon savoir, mon intelligence, mes textes, mes articles, mes valeurs, mes idéaux.

Je publie beaucoup. Car j'écris beaucoup. Chaque jour, minimum trois à quatre heures. Parfois davantage en fonction des circonstances et des sujets auxquels je m'attaque. Mes articles ne plaisent pas à tout le monde, j'en suis conscient. Par leur intermédiaire, je bouscule un certain nombre de certitudes, j'irrite un certain nombre de gens qui ne désirent pas entendre des façons de penser différentes des leurs. Je dérange parce que je mets en avant ce que je suppose humblement être juste et utile de souligner à ceux et celles qui me lisent. J'espère, modestement, contribuer à la réflexion générale sur des sujets où je pense être compétent. En tout cas, d'après l'immense majorité des retours que j'en ai – que ce soit sur mon mur, ou n'importe lequel des groupe auquel je participe plus ou moins activement – c'est l'impression que j'en ai.

Evidemment, il y a toujours un ou deux réfractaires, un ou deux individus intolérants, violents, haineux, me vouant aux gémonies, qui se manifestent à moi. Leurs commentaires sont sectaires, inflexibles, chauvins, empreints de religiosité véhémente, etc. Cependant, comme je l'ai déjà spécifié, ils ne m'impressionnent pas ; ils ne me font pas peur ; et ils ne me font pas, et ne me feront jamais taire. Comme tout un chacun, j'ai le droit d'exprimer mes opinions, mes valeurs, mes vues sur tel ou tel sujet. Mes textes sont longs parce que je suis écrivain de métier et de vocation. Et qu'en tant que tel, j'ai l'habitude – c'est plus fort que moi – d'expliquer en détail et en profondeur mes points de vue, mes appréciations, le sens de mes combats, ainsi que les arguments sur lesquels je m'appuie pour les mener. S'ils ne plaisent pas à quelques uns, ils n'ont qu'à les zapper, c'est aussi facile que cela. Il y a de la place sur un réseau social comme celui, dans des groupes auxquels j'offre mes articles, pour tout le monde. C'est aussi cela la liberté d’expression.

La liberté d'expression qui, je le rappelle pour mes détracteurs, est l'un des piliers notre modèle de société. Ils s'expriment librement ; je m'exprime aussi librement qu'eux.

D'autant plus que, depuis que j'ai commencé à rédiger de tels articles diffusés ici, dans ces groupes, sur d'autres sites sur Internet, un nombre croissant de personnes les lisent. D'abord, dans les groupes où je les affiche. Puis, ensuite, pour les hommes et les femmes qui désirent rejoindre les contacts ayant accès à mon mur, en se rattachant à mon profil personnel. Néanmoins, s'il y a un fait irréfutable que j'ai constaté depuis deux ans environs où j'ai débuté l'écriture de ce genre de texte, c'est que vous êtes de plus en plus nombreux à les explorer. Je n'en tire ni orgueil, ni fierté. J'en suis heureux, naturellement ; qui ne le serait pas, à ma place. Au départ, je n'imaginais pas qu'ils auraient un tel impact sur un nombre aussi considérable de gens. Moi qui ait, jusqu'à ce moment-là, eu pour réflexe de demeurer dans l'ombre en supposant que ce que je pensais, que ce que je savais, que les valeurs qui sont les miennes, que les combats que je mène, étaient sans importance, quelle n'a pas été ma surprise de découvrir le contraire. Plus incroyable à mes yeux encore. Comme un effet boule de neige, depuis quelque mois, ce phénomène s'accentue. Il n'y a pas un jour où un homme et une femme que je n'ai jamais croisé nulle part auparavant, me demande de devenir un de ses « amis » Facebook. Qu'elle soit de France ou de n'importe quelle autre région du monde.

La seule conclusion que je peux en tirer – sans trop me tromper -, c'est que ce que j'écris a de la valeur pour un certain nombre de gens. C'est que mes rares contradicteurs, que mes quelques détracteurs s'acharnant à essayer de me museler, qui me jugent et me condamnent pour les thèses que je défends, n'ont que peu d'impact ; que leurs arguments et leur véhémence à mon encontre, ne portent pas très loin. Plus important encore – et c'est peut-être ce qui me touche, m'émeut, et me montre que ce que je relate est précieux pour mes lecteurs et lectrices -, c'est qu'il y a des individus qui me remercient d'exprimer mes analyses au travers de mes textes. D'autres m'encouragent à ne pas me laisser abattre par mes contradicteurs. D'autres encore m'encouragent persévérer, à continuer à rédiger de longs sujets. Même si, là aussi, il y en a quelques uns qui me disent qu'ils les trouvent interminables.

Bref, tout cela pour expliquer que ce que je fais paraît important pour de plus en plus de gens au fil des mois. Ce phénomène s'accentuant davantage depuis quelques semaines. Puisque de 300 « amis » au milieu de l'année dernière, aujourd'hui, j'en ai plus de 1200 ; qui se sont ouverts à mon mur uniquement pour lire mes textes. Je ne parle pas des plus de 600 personnes qui suivent régulièrement mon fil d'actualité. De tous ceux et de toutes celles qui ne se manifestent pas à moi, se contentant d'explorer leur contenu. Les nombreux anonymes qui les parcourent dans les groupes auxquels j'apporte ma contribution. Ou auprès des différents sites littéraires auxquels je contribue.

Après cette longue parenthèse me concernant plus directement, je poursuivrai mon exposé en disant ceci: il ne faut pas se bercer d'illusions. D'autres attentats tels que ceux que nous avons connu depuis le début de notre combat contre Daesh partout à travers le monde, vont advenir. C'est une certitude. Hier Londres, Madrid, Paris, Bruxelles, l'Egypte, la Tunisie, les États-Unis, etc. Tant que l'Etat Islamique et ses affidés dans tout le Moyen-Orient et ailleurs n'auront pas été définitivement mis hors d'état de nuire, cette lutte à mort se poursuivra. Et il y aura de nouvelles victimes innocentes de toutes nationalités, de toutes religions, de toutes couleur de peau, etc. Daesh ne fait pas d'exception. Tous ceux et toutes celles qui ne se soumettent pas à leur vision de l'Islam sont des ennemis qu'il faut abattre. Ils sont de la même trempe qu'un Donald Trump et les néo-chrétiens dont il est le représentant aux États-Unis. Mais d'autres fanatiques de son acabit existent aussi en Europe, et en France. Les plus fervents défenseurs des idées prônées par le Front National en sont le meilleur exemple.

Or, ce sont eux, comme leurs homologues de Daesh qui sont la cause de la plupart des malheurs de notre Civilisation. Ce ne sont pas les seuls. Ce serait éminemment réducteur de proférer de tels mensonges. Tout un tas d'autres facteurs entre en ligne de compte. Cependant, pour ce qui nous préoccupe actuellement via l’intégrisme religieux aux proportions rarement atteintes dans l'Histoire des Civilisations – surtout avec nos moyens modernes -, il s'avère être le danger le plus déterminant ; pour notre présent, ainsi que pour notre avenir à court et moyen terme.

De fait, pleurer « nos » morts est certes méritoire, nécessaire. Néanmoins, Daesh se moque bien que nous pleurions les victimes de ses atrocités ou non. Ses membres n'ont aucun respect pour le deuil, pour la souffrance, pour la compassion, que nous éprouvons. Daesh n'attendra pas que nous ayons cicatrisé nos blessures pour repartir à l'assaut de nos démocraties. Daesh n'a cure de nos querelles politiques intestines. De nos différences religieuses, de nos valeurs et de nos idéaux personnels. Au contraire, il appuiera sur ces dernières autant qu'il le pourra afin de nous diviser davantage encore, afin de nous amener à nous monter les uns contre les autres. Ce n'est pas ce que je désire, ni pour mon pays, ni pour notre continent, ni pour quiconque.

Il ne faut pas non plus commettre l'erreur de chercher un bouc émissaire chez l'ensemble des musulmans de France, d'Europe, ou d'ailleurs. L'immense majorité d'entre eux sont des modérés, autant que le sont les chrétiens de nos paroisses en proie à la quiétude, à la sérénité, et à la concorde. Autant que les juifs dans leurs synagogues. Les prendre à parti serait une terrible erreur. Pire, une faute. Et là aussi, ce serait faire le jeu de Daesh et de ceux qui veulent voir sombrer l'Occident dans la haine, la violence, les déchirements, la terreur ; la guerre civile en d'autres termes. Et s'il y a une chose que l’État Islamique souhaite, c'est bien nous pousser à cela. L'immense majorité des musulmans n'ont qu'un seul désir, vivre en paix, en harmonie, avec les lois de la république et de la démocratie. Ils veulent travailler, posséder une habitation, avoir des loisirs, etc. comme tout un chacun. A les stigmatiser ainsi, c'est conduire ceux et celles qui n'ont pas envie de prendre ce chemin, à l'emprunter ; sans possibilité de retour en arrière ensuite. Je considère particulièrement grave de la part de ceux et celles qui, croyant défendre les valeurs de notre pays, choisissent de les juger pour des actes dont ils sont autant victimes que les autres confessions religieuses. Ne jamais oublier que le 14 Juillet dernier, sur la promenade des Anglais à Nice, parmi les morts se trouvaient aussi des musulmans. Daesh ne fait pas de distinction. Car à ses yeux, ces musulmans modérés ont été, et sont, gangrenés par les idéaux de notre pays ; ainsi que par l'ignominie qu'est la laïcité à ses yeux.

Notre ennemi, nous savons qui il est. Nous savons où il s'est retranché. Nous lui avons porté de rudes coups ces derniers temps en Irak et en Syrie. Ce qui le rend encore plus audacieux et redoutable puisqu'acculé. Il sait qu'il ne peut nous vaincre. Il sait qu'un jour ou l'autre, nous l'abattrons. C'est pour cette raison qu'il est d'autant plus déterminé à faire le maximum de dégâts, de morts partout il en est capable.

Il n'y a donc qu'un seul moyen de l'éradiquer définitivement. Le combat se mène sur deux fronts: chez nous, en faisant le nécessaire pour démanteler les réseaux terroristes qui se cachent encore parmi nous – et il sont encore nombreux susceptibles de passer à l'action à plus ou moins brève échéance.

Or, pour cela, il faut des moyens financiers, matériels, humains. Bien -sûr, il faut renforcer la sécurité de nos concitoyens en déployant davantage de troupes visibles sur notre territoire ; afin de prévenir au maximum toute nouvelle attaque terroriste. Même si je le répète, cela n’empêchera pas d'autres attentats d'advenir. Le risque zéro n'existe pas, et n'existera jamais. Il faut aussi enfermer tous les détenteurs d'une fiche « S » dans des lieux sous haute surveillance, tout en les empêchant de communiquer entre eux. Ce serait alors pire, puisqu'ils pourraient préparer à l'insu des autorités de nouveaux actes terroristes à l'aide de partenaires non fichés. Car, il est évident que tous ces islamistes n'ont pas de fiche « S » dans les bases de données de nos services de renseignements. Il faut encore « nettoyer » les mosquées, les lieux de prière, les cités, l'ensemble des endroits où nos autorités savent qu'ils se sont transformés en sites de rassemblement de djihadistes en devenir. Il faut systématiquement surveiller et fermer l'ensemble des sites internet, des groupes rattachés aux réseaux sociaux, permettant à ces mêmes extrémistes de communiquer entre eux. Et d'embrigader certains de nos adolescent(e)s, en les convainquant de rejoindre la Syrie et l'Irak. Puis ensuite, d'en revenir, le cerveau retourné, et prêts à commettre l'irréparable sur notre sol. Il faut accentuer la surveillance des frontières de l'Europe en y mettant les moyens utiles et nécessaires pour cela. Et surtout, en accentuant la coopération entre les différents États de l'Union Européenne. Plutôt que de se tirer dans les pattes et de mettre en avant nos désaccords qui ne servent que la cause de Daesh et consort. Sans, évidemment, refuser l'asile à ceux et celles fuyant ces zones de guerre où ils sont condamnés à périr s'ils ne se soumettent pas au diktats émis par l’État Islamique.

De toute manière, que l'on leur ferme nos frontières, européennes ou nationales, ou pas, cela ne les empêchera pas d'essayer d'entrer à l'intérieur de notre continent pour tenter d'y trouver la sécurité. Dussent-ils mourir en essayant. Par ailleurs, ce n'est parce que nous les empêcherons officiellement tous de venir chez nous, que les 0,001 d'islamistes qui se glissent parmi eux ne pourront pas poser le pied en Europe pour y perpétrer leurs méfaits. Une fois encore, nous aurons beau tout tenter, le risque zéro n'existe pas, et n'existera jamais. Le seul résultat que nous obtiendrons, c'est de voir des centaines de milliers de morts de plus aux portes de notre continent, ou en Syrie et en Irak. Et tout cela, cette fois, ce sera de notre pleine et entière responsabilité. Et ce sera aussi monstrueux que si nous avions continué à laisser œuvrer les nazis dans leur processus mortel envers les juifs durant la Seconde Guerre Mondiale. Un génocide dont l'Occident sera l'auteur. Si cela ne vous pose aucun problème, moi si. Et pour de multiples raisons que j'ai déjà longuement exposées dans un texte vieux de plusieurs mois, et intitulé: « Migrants, ce que nous leur devons ».

Enfin et surtout, plutôt que de s'apitoyer sur notre « pauvre » sort, il est vital de bâtir une coalition efficace avec l'ensemble des nations affrontant Daesh. Et d'envoyer nos forces armées sur le terrain afin de supprimer cette organisation terroriste à tout jamais. Mais, là aussi, il ne faut pas se mentir, il y aura des morts. Nulle guerre, que ce soit par l'intermédiaire d'attentats, ou en expédiant des forces d'action en zone de conflit, est sans victime. Nous ne sommes pas dans un jeu vidéo. Les guerres sans morts, cela n'existe pas et n'existera jamais. De fait, si nous désirons mettre un terme à cette ignominie qu'est Daesh, il est vital d'en passer par là, que nous le voulions ou non, que nous l'acceptions ou non. Plus nous tarderons, plus les conséquences pour les populations civiles européennes ou autres seront incalculables. Et plus la fracture que désirent créer les partisans de l’État Islamique au sein de nos sociétés s'agrandira.

Ce choix est entre nos mains, au travers de nos politiques qui, pour l'instant, avouons-le, n'ont rien fait pour stopper cette hémorragie. Les beaux discours, les larmoiements, les hommages, les promesses – que soit à Droite comme à Gauche, en France ou ailleurs en Occident – sont légion après chaque acte criminel d'envergure. Or, dans les faits, concrètement, ils en sont encore à se chamailler sur la conduite à tenir. La société entière est imprégnée de juste colère, d'émotions malheureusement exacerbées où la raison n'a plus de place, et ils continuent de se chamailler. Plutôt que d'agir efficacement, les intérêts particuliers, les visées électoralistes des prochaines échéances présidentielles, les préoccupent davantage. Or, tant que cette ligne de conduite sera adoptée, ce que nous subissons – et qui a atteint le summum de l'horreur hier à Saint-Étienne-du-Rouvray perdurera.

Alors, pleurer « nos » morts, oui. Mais se contenter de cela, non...

dominique29600 · https://www.facebook.com/pages/Caen-France/111745475518772« Laisse nous pleurer « NOS » morts en paix »:

Il s'agit-là, en partie, de la réponse à l'un de mes multiples contacts au texte que j'ai publié hier concernant le monstrueux attentat islamiste qui s'est déroulé au sein de l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray.

Je tiens à répéter – puisque cela s'avère nécessaire – que je suis athée, et que je me bats en permanence contre l'obscurantisme idéologique et religieux, d'où qu'il vienne, de quelque personne que ce soit. Néanmoins, cela ne m’empêche pas que je suis de tout cœur avec les victimes de la barbarie qui secoue le monde depuis que cette Troisième Guerre Mondiale a débuté à l'aube de ce millénaire. Qu'elles soient touchées en France, en Espagne, en Tunisie, en Allemagne, aux États-Unis, ou n'importe où ailleurs sur notre planète, la douleur, l'effroi, la consternation, le dégoût, etc. sont partout semblables. Il n'y a pas un degré supplémentaire ou moindre en fonction du pays où l'on habite, de la religion – ou pas – à laquelle on adhère, de sa couleur de peau, ou autre.

On pleure nos morts parce qu'ils appartiennent à notre communauté, c'est un instinct naturel ; c'est humain. Toutefois, lorsqu'on regarde toutes les horreurs commises au nom de la Religion – des trois religions monothéistes principales notamment -, je ne vois pas pourquoi telle victime serait plus importante que telle autre. Nous sommes tous de martyrs en puissance de cette intolérance, de ce fanatisme, de ces persécutions, de cette rancœur, dont le venin coule dans les veines de ces doctrinaires érigeant leurs livres saints comme arme de destruction massive. De fait, si je pleure ce pauvre prêtre de plus de quatre-vingts ans égorgé dans son église, je pleure également tous ceux, et toutes celles, de par le monde, qui subissent les mêmes tortures, les mêmes annihilations.

Je pleure, certes. Mais mes larmes ne m’empêchent pas de me battre contre tous ceux et toutes celles qui profitent de ces situations dramatiques, pour susciter la division, le désir de vengeance, la peur de celui ou de celle qui est différent, ou qui pense autrement. Mes pleurs ne ramèneront pas ces morts à la vie. Je peux juste compatir au chagrin, à la détresse, à l'affliction de leurs proches, de leurs familles, de leurs amis ; de tous ceux et de toutes celles qu'ils aimaient, et qui les aiment. Ils trouveront toujours en moi un oreille attentive, une épaule sur laquelle s'appuyer s'ils en éprouvent le besoin, un ami. Et ce, une fois encore, qu'ils soient athées ou non, quelle que soit leur origine, leur couleur de peau, leur orientation sexuelle, etc.

Car, lorsque j'y songe, c'est tout aussi monstrueux de choisir quel individu mérite nos pleurs en priorité, et lequel vient après parce qu'il est moins proche de nous d'une manière ou d'une autre. C'est se montrer aussi sectaire, aussi intégriste, que ces barbares que nous sommes censés combattre. C'est ce mettre à leur niveau ; plus encore, c'est leur prouver qu'ils ont raisons de nous haïr, de désirer nous détruire. Puisque nous décidons quelle personne mérite nos larmes, notre soutien, notre miséricorde, au détriment d'autres. La vie est le bien le plus précieux que nous ayons, et elle a autant de valeur, que nous soyons français, algérien, américain, syrien, afghan, catholique, musulman, juif, athée, j'en passe.

Faire une distinction, avoir une préférence, dans ce domaine précis comme dans tous les autres, est faire le jeu de ces intégristes de tous poil. Cela veut dire « nous valons mieux que vous ». Et c'est ce qu'ils cherchent afin de justifier leurs actions meurtrières à notre encontre. Cela leur montre qu'ils ont raison de vouloir détruire les valeurs que nous représentons. Cela leur prouve que nous sommes aussi sectaires et intolérants qu'eux ; que les idéaux de liberté, d'égalité, de fraternité, ne sont destinés qu'à une élite à laquelle notre nation, notre continent, notre civilisation appartient… mais que ceux et celles qui plient le genoux devant ces djihadistes afin de ne pas périr, n'appartiennent pas.

Pour ma part, ce n'est pas un chemin que j'ai le désir d'emprunter. Peut-être que vous, lecteurs ou lectrices, ne voyez pas les choses comme moi. Je le respecte. Chacun est libre de ses opinions, sur quelque sujet que ce soit. Mais, en ce qui me concerne, les valeurs humanistes que je prône, la philosophie qui est la mienne, dépasse ces clivages.

La spiritualité que j'ai acquise tout le long de la vingtaine d'années de recherches dans toutes les spécialités auxquelles je me suis consacré m'a appris, au moins, un certain nombre de choses: ne pas se laisser emporter par ses émotions dans des circonstances telles que celles que nous traversons en ce moment. Il n'y a rien de pire. Ce sont elles qui sont les rouages des haines, des violences, des désirs de vengeance, des guerres, de demain. Elles empirent des faits déjà éminemment dramatiques et terrifiants. C'est sur elles que comptent Daesh et consort pour exacerber nos réactions ; et là, une fois encore, justifier les ressentiments et le déchaînement dont ils sont emplis. Les savoirs que j'ai accumulé, et qui sont à la base de ma spiritualité, m'ont aussi enseigné qu'il est davantage utile – voire vital – de faire appel à sa raison et a son intelligence, plutôt qu'aux instincts primitifs et souvent néfastes dont nos émotions sont le lointain reflet. En particulier, lors de périodes agitées et empreintes d'excès comme celle-ci. Les décisions, les choix, les avis, que nous mettons alors en avant, dépassent nos pensées le plus souvent. Et ils nous entraînent vers des comportements, vers des attitudes, vers des actes, sur lesquels nous ne pouvons plus revenir ensuite. Et qui, généralement, au lieu d'apaiser les esprit, au lieu d'essayer de trouver des solutions, engendrent des événements pire qu'auparavant.

Là non plus, je ne me résous pas à cette solution de facilité, à cette simplicité rétrograde et manquant de sens commun. Je suis désolé de décevoir ceux ou celles qui préfèrent se laisser aller à cette façon de se comporter. Mais là encore, nous sommes tous différents. Je les respecte trop en tant qu'êtres humains, en tant qu'amis, que contacts, que relations quotidiennes ou épisodiques pour les juger sur ce point. Mais je ne les suivrai pas.

Est-ce pourtant à dire qu'il ne faut rien faire pour arrêter ces barbares dans leurs actes abominables? Je n'ai jamais proféré de telles paroles. Et je ne les prononcerai jamais. Bien au contraire, nous devons dépasser nos peurs et nos antagonismes personnels ou corporatistes, pour les affronter sur leur propre terrain. Moi, je me bats avec mes mots, mes idées, les connaissances que j'ai sur ce qu'est la Religion, de ses origines à sa propagation, sur ses concepts et ses dogmes, sur ses livres saints – quelle que soit la Croyance concernée -, sur son histoire, sa théologie, etc. C'est en la matière que je suis le plus apte à combattre cet obscurantisme latent dont j'observe les effets dévastateurs sur bon nombre de personnes, que ce soit ici ou ailleurs. Et alors que je pleure, et que je souffre, avec ceux et celles qui ont perdu des êtres qu'ils chérissaient, au cours de ces attentats abominables, je suis d'autant plus déterminé à les affronter avec les moyens qui sont à ma disposition. Avec ma raison, mon savoir, mon intelligence, mes textes, mes articles, mes valeurs, mes idéaux.

Je publie beaucoup. Car j'écris beaucoup. Chaque jour, minimum trois à quatre heures. Parfois davantage en fonction des circonstances et des sujets auxquels je m'attaque. Mes articles ne plaisent pas à tout le monde, j'en suis conscient. Par leur intermédiaire, je bouscule un certain nombre de certitudes, j'irrite un certain nombre de gens qui ne désirent pas entendre des façons de penser différentes des leurs. Je dérange parce que je mets en avant ce que je suppose humblement être juste et utile de souligner à ceux et celles qui me lisent. J'espère, modestement, contribuer à la réflexion générale sur des sujets où je pense être compétent. En tout cas, d'après l'immense majorité des retours que j'en ai – que ce soit sur mon mur, ou n'importe lequel des groupe auquel je participe plus ou moins activement – c'est l'impression que j'en ai.

Evidemment, il y a toujours un ou deux réfractaires, un ou deux individus intolérants, violents, haineux, me vouant aux gémonies, qui se manifestent à moi. Leurs commentaires sont sectaires, inflexibles, chauvins, empreints de religiosité véhémente, etc. Cependant, comme je l'ai déjà spécifié, ils ne m'impressionnent pas ; ils ne me font pas peur ; et ils ne me font pas, et ne me feront jamais taire. Comme tout un chacun, j'ai le droit d'exprimer mes opinions, mes valeurs, mes vues sur tel ou tel sujet. Mes textes sont longs parce que je suis écrivain de métier et de vocation. Et qu'en tant que tel, j'ai l'habitude – c'est plus fort que moi – d'expliquer en détail et en profondeur mes points de vue, mes appréciations, le sens de mes combats, ainsi que les arguments sur lesquels je m'appuie pour les mener. S'ils ne plaisent pas à quelques uns, ils n'ont qu'à les zapper, c'est aussi facile que cela. Il y a de la place sur un réseau social comme celui, dans des groupes auxquels j'offre mes articles, pour tout le monde. C'est aussi cela la liberté d’expression.

La liberté d'expression qui, je le rappelle pour mes détracteurs, est l'un des piliers notre modèle de société. Ils s'expriment librement ; je m'exprime aussi librement qu'eux.

D'autant plus que, depuis que j'ai commencé à rédiger de tels articles diffusés ici, dans ces groupes, sur d'autres sites sur Internet, un nombre croissant de personnes les lisent. D'abord, dans les groupes où je les affiche. Puis, ensuite, pour les hommes et les femmes qui désirent rejoindre les contacts ayant accès à mon mur, en se rattachant à mon profil personnel. Néanmoins, s'il y a un fait irréfutable que j'ai constaté depuis deux ans environs où j'ai débuté l'écriture de ce genre de texte, c'est que vous êtes de plus en plus nombreux à les explorer. Je n'en tire ni orgueil, ni fierté. J'en suis heureux, naturellement ; qui ne le serait pas, à ma place. Au départ, je n'imaginais pas qu'ils auraient un tel impact sur un nombre aussi considérable de gens. Moi qui ait, jusqu'à ce moment-là, eu pour réflexe de demeurer dans l'ombre en supposant que ce que je pensais, que ce que je savais, que les valeurs qui sont les miennes, que les combats que je mène, étaient sans importance, quelle n'a pas été ma surprise de découvrir le contraire. Plus incroyable à mes yeux encore. Comme un effet boule de neige, depuis quelque mois, ce phénomène s'accentue. Il n'y a pas un jour où un homme et une femme que je n'ai jamais croisé nulle part auparavant, me demande de devenir un de ses « amis » Facebook. Qu'elle soit de France ou de n'importe quelle autre région du monde.

La seule conclusion que je peux en tirer – sans trop me tromper -, c'est que ce que j'écris a de la valeur pour un certain nombre de gens. C'est que mes rares contradicteurs, que mes quelques détracteurs s'acharnant à essayer de me museler, qui me jugent et me condamnent pour les thèses que je défends, n'ont que peu d'impact ; que leurs arguments et leur véhémence à mon encontre, ne portent pas très loin. Plus important encore – et c'est peut-être ce qui me touche, m'émeut, et me montre que ce que je relate est précieux pour mes lecteurs et lectrices -, c'est qu'il y a des individus qui me remercient d'exprimer mes analyses au travers de mes textes. D'autres m'encouragent à ne pas me laisser abattre par mes contradicteurs. D'autres encore m'encouragent persévérer, à continuer à rédiger de longs sujets. Même si, là aussi, il y en a quelques uns qui me disent qu'ils les trouvent interminables.

Bref, tout cela pour expliquer que ce que je fais paraît important pour de plus en plus de gens au fil des mois. Ce phénomène s'accentuant davantage depuis quelques semaines. Puisque de 300 « amis » au milieu de l'année dernière, aujourd'hui, j'en ai plus de 1200 ; qui se sont ouverts à mon mur uniquement pour lire mes textes. Je ne parle pas des plus de 600 personnes qui suivent régulièrement mon fil d'actualité. De tous ceux et de toutes celles qui ne se manifestent pas à moi, se contentant d'explorer leur contenu. Les nombreux anonymes qui les parcourent dans les groupes auxquels j'apporte ma contribution. Ou auprès des différents sites littéraires auxquels je contribue.

Après cette longue parenthèse me concernant plus directement, je poursuivrai mon exposé en disant ceci: il ne faut pas se bercer d'illusions. D'autres attentats tels que ceux que nous avons connu depuis le début de notre combat contre Daesh partout à travers le monde, vont advenir. C'est une certitude. Hier Londres, Madrid, Paris, Bruxelles, l'Egypte, la Tunisie, les États-Unis, etc. Tant que l'Etat Islamique et ses affidés dans tout le Moyen-Orient et ailleurs n'auront pas été définitivement mis hors d'état de nuire, cette lutte à mort se poursuivra. Et il y aura de nouvelles victimes innocentes de toutes nationalités, de toutes religions, de toutes couleur de peau, etc. Daesh ne fait pas d'exception. Tous ceux et toutes celles qui ne se soumettent pas à leur vision de l'Islam sont des ennemis qu'il faut abattre. Ils sont de la même trempe qu'un Donald Trump et les néo-chrétiens dont il est le représentant aux États-Unis. Mais d'autres fanatiques de son acabit existent aussi en Europe, et en France. Les plus fervents défenseurs des idées prônées par le Front National en sont le meilleur exemple.

Or, ce sont eux, comme leurs homologues de Daesh qui sont la cause de la plupart des malheurs de notre Civilisation. Ce ne sont pas les seuls. Ce serait éminemment réducteur de proférer de tels mensonges. Tout un tas d'autres facteurs entre en ligne de compte. Cependant, pour ce qui nous préoccupe actuellement via l’intégrisme religieux aux proportions rarement atteintes dans l'Histoire des Civilisations – surtout avec nos moyens modernes -, il s'avère être le danger le plus déterminant ; pour notre présent, ainsi que pour notre avenir à court et moyen terme.

De fait, pleurer « nos » morts est certes méritoire, nécessaire. Néanmoins, Daesh se moque bien que nous pleurions les victimes de ses atrocités ou non. Ses membres n'ont aucun respect pour le deuil, pour la souffrance, pour la compassion, que nous éprouvons. Daesh n'attendra pas que nous ayons cicatrisé nos blessures pour repartir à l'assaut de nos démocraties. Daesh n'a cure de nos querelles politiques intestines. De nos différences religieuses, de nos valeurs et de nos idéaux personnels. Au contraire, il appuiera sur ces dernières autant qu'il le pourra afin de nous diviser davantage encore, afin de nous amener à nous monter les uns contre les autres. Ce n'est pas ce que je désire, ni pour mon pays, ni pour notre continent, ni pour quiconque.

Il ne faut pas non plus commettre l'erreur de chercher un bouc émissaire chez l'ensemble des musulmans de France, d'Europe, ou d'ailleurs. L'immense majorité d'entre eux sont des modérés, autant que le sont les chrétiens de nos paroisses en proie à la quiétude, à la sérénité, et à la concorde. Autant que les juifs dans leurs synagogues. Les prendre à parti serait une terrible erreur. Pire, une faute. Et là aussi, ce serait faire le jeu de Daesh et de ceux qui veulent voir sombrer l'Occident dans la haine, la violence, les déchirements, la terreur ; la guerre civile en d'autres termes. Et s'il y a une chose que l’État Islamique souhaite, c'est bien nous pousser à cela. L'immense majorité des musulmans n'ont qu'un seul désir, vivre en paix, en harmonie, avec les lois de la république et de la démocratie. Ils veulent travailler, posséder une habitation, avoir des loisirs, etc. comme tout un chacun. A les stigmatiser ainsi, c'est conduire ceux et celles qui n'ont pas envie de prendre ce chemin, à l'emprunter ; sans possibilité de retour en arrière ensuite. Je considère particulièrement grave de la part de ceux et celles qui, croyant défendre les valeurs de notre pays, choisissent de les juger pour des actes dont ils sont autant victimes que les autres confessions religieuses. Ne jamais oublier que le 14 Juillet dernier, sur la promenade des Anglais à Nice, parmi les morts se trouvaient aussi des musulmans. Daesh ne fait pas de distinction. Car à ses yeux, ces musulmans modérés ont été, et sont, gangrenés par les idéaux de notre pays ; ainsi que par l'ignominie qu'est la laïcité à ses yeux.

Notre ennemi, nous savons qui il est. Nous savons où il s'est retranché. Nous lui avons porté de rudes coups ces derniers temps en Irak et en Syrie. Ce qui le rend encore plus audacieux et redoutable puisqu'acculé. Il sait qu'il ne peut nous vaincre. Il sait qu'un jour ou l'autre, nous l'abattrons. C'est pour cette raison qu'il est d'autant plus déterminé à faire le maximum de dégâts, de morts partout il en est capable.

Il n'y a donc qu'un seul moyen de l'éradiquer définitivement. Le combat se mène sur deux fronts: chez nous, en faisant le nécessaire pour démanteler les réseaux terroristes qui se cachent encore parmi nous – et il sont encore nombreux susceptibles de passer à l'action à plus ou moins brève échéance.

Or, pour cela, il faut des moyens financiers, matériels, humains. Bien -sûr, il faut renforcer la sécurité de nos concitoyens en déployant davantage de troupes visibles sur notre territoire ; afin de prévenir au maximum toute nouvelle attaque terroriste. Même si je le répète, cela n’empêchera pas d'autres attentats d'advenir. Le risque zéro n'existe pas, et n'existera jamais. Il faut aussi enfermer tous les détenteurs d'une fiche « S » dans des lieux sous haute surveillance, tout en les empêchant de communiquer entre eux. Ce serait alors pire, puisqu'ils pourraient préparer à l'insu des autorités de nouveaux actes terroristes à l'aide de partenaires non fichés. Car, il est évident que tous ces islamistes n'ont pas de fiche « S » dans les bases de données de nos services de renseignements. Il faut encore « nettoyer » les mosquées, les lieux de prière, les cités, l'ensemble des endroits où nos autorités savent qu'ils se sont transformés en sites de rassemblement de djihadistes en devenir. Il faut systématiquement surveiller et fermer l'ensemble des sites internet, des groupes rattachés aux réseaux sociaux, permettant à ces mêmes extrémistes de communiquer entre eux. Et d'embrigader certains de nos adolescent(e)s, en les convainquant de rejoindre la Syrie et l'Irak. Puis ensuite, d'en revenir, le cerveau retourné, et prêts à commettre l'irréparable sur notre sol. Il faut accentuer la surveillance des frontières de l'Europe en y mettant les moyens utiles et nécessaires pour cela. Et surtout, en accentuant la coopération entre les différents États de l'Union Européenne. Plutôt que de se tirer dans les pattes et de mettre en avant nos désaccords qui ne servent que la cause de Daesh et consort. Sans, évidemment, refuser l'asile à ceux et celles fuyant ces zones de guerre où ils sont condamnés à périr s'ils ne se soumettent pas au diktats émis par l’État Islamique.

De toute manière, que l'on leur ferme nos frontières, européennes ou nationales, ou pas, cela ne les empêchera pas d'essayer d'entrer à l'intérieur de notre continent pour tenter d'y trouver la sécurité. Dussent-ils mourir en essayant. Par ailleurs, ce n'est parce que nous les empêcherons officiellement tous de venir chez nous, que les 0,001 d'islamistes qui se glissent parmi eux ne pourront pas poser le pied en Europe pour y perpétrer leurs méfaits. Une fois encore, nous aurons beau tout tenter, le risque zéro n'existe pas, et n'existera jamais. Le seul résultat que nous obtiendrons, c'est de voir des centaines de milliers de morts de plus aux portes de notre continent, ou en Syrie et en Irak. Et tout cela, cette fois, ce sera de notre pleine et entière responsabilité. Et ce sera aussi monstrueux que si nous avions continué à laisser œuvrer les nazis dans leur processus mortel envers les juifs durant la Seconde Guerre Mondiale. Un génocide dont l'Occident sera l'auteur. Si cela ne vous pose aucun problème, moi si. Et pour de multiples raisons que j'ai déjà longuement exposées dans un texte vieux de plusieurs mois, et intitulé: « Migrants, ce que nous leur devons ».

Enfin et surtout, plutôt que de s'apitoyer sur notre « pauvre » sort, il est vital de bâtir une coalition efficace avec l'ensemble des nations affrontant Daesh. Et d'envoyer nos forces armées sur le terrain afin de supprimer cette organisation terroriste à tout jamais. Mais, là aussi, il ne faut pas se mentir, il y aura des morts. Nulle guerre, que ce soit par l'intermédiaire d'attentats, ou en expédiant des forces d'action en zone de conflit, est sans victime. Nous ne sommes pas dans un jeu vidéo. Les guerres sans morts, cela n'existe pas et n'existera jamais. De fait, si nous désirons mettre un terme à cette ignominie qu'est Daesh, il est vital d'en passer par là, que nous le voulions ou non, que nous l'acceptions ou non. Plus nous tarderons, plus les conséquences pour les populations civiles européennes ou autres seront incalculables. Et plus la fracture que désirent créer les partisans de l’État Islamique au sein de nos sociétés s'agrandira.

Ce choix est entre nos mains, au travers de nos politiques qui, pour l'instant, avouons-le, n'ont rien fait pour stopper cette hémorragie. Les beaux discours, les larmoiements, les hommages, les promesses – que soit à Droite comme à Gauche, en France ou ailleurs en Occident – sont légion après chaque acte criminel d'envergure. Or, dans les faits, concrètement, ils en sont encore à se chamailler sur la conduite à tenir. La société entière est imprégnée de juste colère, d'émotions malheureusement exacerbées où la raison n'a plus de place, et ils continuent de se chamailler. Plutôt que d'agir efficacement, les intérêts particuliers, les visées électoralistes des prochaines échéances présidentielles, les préoccupent davantage. Or, tant que cette ligne de conduite sera adoptée, ce que nous subissons – et qui a atteint le summum de l'horreur hier à Saint-Étienne-du-Rouvray perdurera.

Alors, pleurer « nos » morts, oui. Mais se contenter de cela, non...

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